La politique de Netflix en faveur de la diversité : Une stratégie qui ne fait pas l’unanimité

Montrer la diversité des contenus à caractère progressiste de la plateforme

Netflix est aujourd’hui la plateforme de streaming au contenu atypique. Elle met sur le devant de la scène un tas de personnages issus de communautés jusqu’ici sous représentées dans le monde de l’audiovisuel. L’association Glaad a d’ailleurs démontré qu’entre 2017 et 2018, c’est la plateforme qui comptait le plus de personnages LGBT.

Mais pourquoi autant d’efforts pour représenter ces communautés minoritaires et est-ce que cette politique fait vraiment l’unanimité ? Voyons ça de plus près ensemble!

D’où vient Netflix ?

Netflix est une firme américaine créée en 1997 par Reed Hastings et Marc Randolph. Au départ, elle consiste en un service en ligne de location et d’achat de DVD à domicile. Ce n’est qu’en 2007 qu’elle crée son service de vidéo à la demande par abonnement et permet ainsi aux abonnés de regarder en streaming des films et des séries TV.

À partir de 2010, la plateforme s’étend à vitesse grand V dans le monde entier. En France et en Belgique elle arrive en 2014. Il existe donc plusieurs déclinaisons de Netflix à travers le monde offrant des catalogues plus ou moins différents !

Une approche inclusive de la diversité

Depuis fin 2010 , Netflix joue la carte de l’inclusivité et s’efforce de nous proposer un catalogue le plus diversifié possible en terme de représentations sociales. Elle met en avant des groupes sociaux minoritaires et des thématiques ouvertement progressistes comme le féminisme intersectionnel, la libération sexuelle ou encore le racisme systémique.

Avec la Chronique des Bridgerton par exemple, c’est un petit clin d’œil aux communautés afro-américaines que la plateforme fait en incluant des acteurs métis et noirs au sein de l’aristocratie Londonienne pendant la Régence.

La Chronique des Bridgerton marieclaire.fr

Avec Sex Education par contre, on aborde l’homosexualité, la contraception, le harcèlement, l’avortement, la sexualité chez les jeunes sans vergogne !

Sex Education Jock.life

Mais cette stratégie d’inclusivité se retrouve aussi sous d’autres formes. En matière de recrutement la firme souhaite davantage recruter des personnes issues des communautés sous-représentées. Elle s’efforce aussi de donner plus de visibilité à ces groupes sociaux minoritaires en mutlipliant les partenariats.

Pensons par exemple aux organismes comme Ghetto Film School, Film Independent Project Involve, Black Public Media avec lesquels Netflix collabore pour soutenir les créateurs afro-américains ou encore le Festival ImagineNative avec qui elle travaille pour accompagner les producteurs, scénaristes et réalisateurs autochtones.

Une stratégie marketing

« L’attention portée aux minorités et à la diversité en général est en quelque sorte dans leur ADN »

Valéry Michaux

Cet activisme, il n’est bien sûr pas propre à Netflix. Selon une étude menée par Laure Bereni c’est un peu courant chez les entreprises depuis presque trente ans d’adopter une politique en faveur de la diversité sur divers supports de communication.

Leur but étant bien sur de renforcer leur notoriété et leur image mais surtout de consolider les liens avec leur public en s’engageant dans des causes qui leur sont chères.

On appelle ça en marketing de l’activisme de marque et c’est exactement ce que fait Netflix. Derrière ses efforts pour entretenir une image libérale se cachent de vrais enjeux communicationnels.

Le core business de l’entreprise reste avant tout de vendre le plus possible d’abonnements au public, ne l’oublions pas. Cependant la plateforme sait que la jeunesse américaine est plus que réceptive à ces valeurs progressistes ( avortement, mariage gay, racisme,..). C’est donc cette génération des millennials ( jeunes, urbains et connectés) que Netflix veut toucher à travers ses séries phares. Elle s’empare donc de ces sujets progressistes pour mieux cibler et fidéliser son public.

Une stratégie qui ne fait pas l’unanimité

La position politique de Netflix est claire. Son patron, Reed Hastings n’a jamais fait mystère de son penchant pour les démocrates et son aversion pour Donald Trump. Ses positions ne font que enrager la branche conservatrice de son public qui depuis 2016 fait des appels au boycott contre la plateforme.

Parmi les pays les plus conservateurs, comme l’Inde, l’Arabie Saoudite ou encore la Turquie, on n’hésite pas non plus à censurer ou faire pression sur les contenus des plateformes SVOD. De manière générale, la critique conservatrice voit dans la politique progressiste de Netflix un danger civilisationnel!

  • Le scandale de Dear White People

En 2017, L’annonce de la série Dear White People de Justin Simien, qui dénonce les injustices envers la communauté noire et la pratique des Blackfaces a suscité une vague de colère sur youtube. Certains y voyaient un supposé racisme inversé, d’autres une attaque directe contre les blancs.

Dear White People ladn.eu
  • Le scandale de Cuties

Si l’on remonte à 2020, vous vous rappellerez peut-être du #CancelNetflix sur Twitter suite au scandale qu’à suscité le film Les Mignonnes de Maïmouma Doucouré, dénonçant l’hypersexualisation des jeunes filles. Alors que l’affiche française n’avait pas de quoi susciter polémique, la version américaine Cuties a choqué les américains les plus conservateurs. L’affiche montrait des jeunes filles en tenues moulantes dans des poses plus qu’indécentes.

« Ce film est dégoûtant car il sexualise une enfant de 11 ans pour le plaisir visuel des pédophiles et influence négativement nos enfants »

Anonyme

Netflix a immédiatement réagit par des excuses mais des excuses maigres face à la vague de haine que ça a suscité sur les réseaux sociaux. Plutôt que de faire de la pédagogie autour de son film et de communiquer sur sa portée sociale, Netflix a préféré modifié son algorithme et effacer toutes traces du film Cuties.

  • La polémique autour de On se connaît… ou pas

En janvier dernier, Netflix a sorti son premier film en langue arabe, une inspiration du film français « Le jeu » , mais qui a rapidement fait l’objet d’une plainte par un avocat égyptien. Ce dernier reprochant au long-métrage de promouvoir l’homosexualité mais aussi de banaliser l’immoralité là où l’actrice principale (Mona Zaki) dans une scène se montre en sous-vêtements. Heureusement pour la plateforme, L’Égypte ne pouvait pas retirer le film, la production du film étant Libanaise.

On se connaît… ou pas Flixboss.com

Que retenir de tout ça ?

Tous ces exemples ne rendent évidemment pas compte de toute la production de Netflix car beaucoup de ses séries et films n’ont pas de connotation politique clairement définies. Toutefois, étant donné que la plateforme utilise en quelque sorte la diversité à des fins d’intérêt général mais aussi commerciales, on peut légitimement se demander jusqu’où est-elle prête à aller pour faire plaisir à une partie de son public ?

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